Interférences de Connie Willis

Dans un futur (très) proche où tout le monde est obsédé par son téléphone portable, la dernière tendance pour les couples s'appelle l'AEC: une intervention cérébrale qui permet aux deux partenaires de mieux percevoir les émotions de leur moitié et d'ainsi mieux communiquer. Briddey est folle de bonheur le jour où son petit ami Trent lui propose de faire l'opération, afin de se prouver leur amour respectif avant leurs fiançailles. Mais à son réveil de l'opération, ce ne sont pas les émotions de Trent qu'elle ressent. Pire, elle entend carrément une voix, et ce n'est pas celle de son petit-ami.

Il y a quelques années, j'avais beaucoup aimé les deux tomes de la série Blitz (Black-out et All Clear) de Connie Willis. J'y avais trouvé des longueurs et quelques facilités mais dans l'ensemble, j'avais adoré me plonger dans l'Angleterre du Blitz grâce à cette histoire de voyage dans le temps. C'est pourquoi, j'ai sauté sur l'occasion de lire le nouveau roman de Willis, Interférences.

Malheureusement, j'y ai retrouvé les défauts déjà notés dans mes précédentes lectures, sans qu'ici le contexte d'une société pas vraiment différente de la notre puisse les contrebalancer. Je me rappelle de critiques sur Blitz mentionnant les erreurs historiques un peu grossières. Cela ne m'avait pas gênée, n'étant pas une experte du Blitz ou du Londres de l'époque. Ici par contre, j'ai trouvé les descriptions de l'auteure sur notre société ultra-connectée un peu dépassées et pas vraiment très recherchées. Sans vouloir être irrespectueuse, Connie Willis semble être plus à l'aise avec l'Angleterre des années 40 que celle d'aujourd'hui. Le roman étant également beaucoup plus connoté "young adult", cet aspect devrait à mon avis passablement agacer les plus jeunes lecteurs.

Ces derniers se retrouveront toutefois peut-être dans l'histoire d'amour que j'ai trouvée pour ma part tellement évidente et attendue qu'elle en devient parfois "grossière". L'histoire tire en longueur, les dialogues sont un peu niais et les répétitions nombreuses.

Bref, vous l'aurez compris, je ne suis probablement pas le public cible de ce nouveau roman mais il plaira peut-être et fera réfléchir votre ado.

Je remercie les éditions Bragelonne et Netgalley pour la lecture de ce roman. Très joli travail au niveau de la couverture mais cela n'a pas suffit cette fois pour moi.

Dans un futur proche, une intervention cérébrale a été mise au point pour améliorer la vie de couple. Briddey se réjouit quand Trent, son petit ami, lui propose cette opération avant leurs fiançailles : ils percevront les pensées l’un de l’autre et leur lien émotionnel en sera renforcé. Or les choses ne se déroulent pas comme prévu : malgré elle, Briddey se retrouve connectée à quelqu’un d’autre. Les choses empirent quand elle découvre la propension étrange de sa famille à s’immiscer dans ses pensées… Briddey prend alors conscience des risques d’un excès d’informations. Elle comprend que l’amour – et la communication – s’avèrent bien plus complexes qu’elle ne l’imaginait…

WILLIS Connie, Interférences, ed. Bragelonne, octobre 2017, 504p., traduit de l'anglais (États-Unis) par Leslie Damant-Jeande
WILLIS Connie, Crosstalk, ed. Del Rey, septembre 2016







Commentaires

  1. J'avais adoré Sans parler du chien de Connie Willis et je pensais que j'allais adhérer à tous ses romans par la suite mais ma lecture de Doomsday Book ne m'a pas complètement satisfait (même si dans l'ensemble j'ai bien aimé), j'y ai vu quelques défauts que tu cites et qui m'ont agacée, du coup je ne suis pas sûre de la relire un jour.

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    1. Je pense lire Sans parler du chien qui a l'air assez dans la lignée de Blackout. Par contre, pas sûre de tenter ses autres bouquins. De ton côté, je pense que la série Blitz/Blackout pourrait te plaire...

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  2. Je l'ai abandonné en cours de route ...

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    1. J'aurais pu également mais j'attendais un rebondissement, un changement de rythme... sans succès.

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  3. Je ne pense pas être le publique cible non plus. Merci pour ton avis.

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    1. Effectivement, je ne pense pas qu'il te plairait ;-)

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